Saul ! Saul !
par Michel Texier

Nous connaissons tous cette scène où Saul de Tarse est devenu Paul, l’apôtre qui recevrait l’entière révélation du plan de Dieu concernant l’Eglise, qui écrirait treize livres du Nouveau Testament (quatorze si nous lui attribuons l’épître aux Hébreux), et qui annoncerait l’Evangile dans tout le monde romain. Cet homme, qui pendant des mois avait respiré la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur (Actes 9:1), allait, du jour au lendemain, être scellé à jamais à notre Seigneur et lié de façon surnaturelle au Corps de Christ. Oui, la grâce de notre divin Maître allait faire de lui le frère de ceux qu’il avait tant persécuté.

Ce changement radical produit dans la vie de ce pharisien (Actes 23:6) a été initié, comme nous pouvons le lire dans ce chapitre neuf du livre des Actes, par notre Sauveur Lui-même. Alors qu’une grande lumière l’environnait, les premiers mots que ce docteur de la loi entendît de la bouche de Jésus-Christ furent: Saul, Saul… Cette certitude d’être intimement connu du Seigneur lui donna cette capacité d’entendre cette voix céleste et d’accepter la dispensation de la grâce offerte à l’humanité, et donc à lui-même. Alors qu’il pensait connaître la Vérité, il découvrait en ce jour particulier qu’il ne connaissait pas le Véritable: Qui es-tu, Seigneur ? (Actes 9:5). Lui qui était connu depuis sa jeunesse pour être un adepte assidu de la Torah (Actes 26:4-5 et Philippiens 3:5-6) réalisait en ce jour qu’il était connu de Dieu. Cette révélation fit de lui un prédicateur assidu et exigeant des bontés de l’Eternel: …à présent que vous avez connu Dieu, ou plutôt que vous avez été connus de Dieu, comment retournez-vous à ces faibles et pauvres rudiments, auxquels de nouveau vous voulez vous asservir encore ? (Galates 4:9). Ce changement radical, cette conversion, a été rendu possible car cet homme a réalisé qu’au travers de cette apostrophe: Saul, Saul…, une destinée nouvelle s’offrait à lui. Oui, il irait à Damas, mais plus pour persécuter l’église. Il irait désormais pour se soumettre à elle (Actes 9:6) et pour la servir ensuite.

Dans notre marche chrétienne, il nous arrive, à nous aussi, d’emprunter un chemin qui nous paraît correct mais qui ne correspond, en réalité, pas aux voies de Dieu. Notre attitude envers les autres est alors emprunte de légalisme, de jugement, voire de haine. Ceci est bien entendu très éloigné de la façon dont l’Eternel agit envers nous: L’Eternel est juste dans toutes ses voies, et miséricordieux dans toutes ses oeuvres (Psaumes 145:7). Mille raisons peuvent expliquer ce genre de comportement, mais il y en a une qui l’explique bien souvent: c’est ce sentiment de n’être connu de personne et d’être seul devant les défis de l’existence. Pourtant, nous aussi, nous avons été connus de Dieu. Nous sommes même la prunelle de son oeil (Deutéronome 32:10). Oui, nous aussi sommes appelés. Et plutôt deux fois qu’une ! Nous avons été connus de Dieu — que ce soit selon notre passé, notre présent ou notre futur. Nous n’avons donc plus rien à craindre. Nous pouvons avancer dans l’existence avec dans le coeur des motivations bien différentes de ce que la chair coupable peut générer, car nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ (Romains 5:1).