Où est le Seigneur ?
par Michel Texier

Matthieu 2:2: Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?

Il nous arrive tous un jour ou l'autre de nous poser la question de savoir où se trouve le Seigneur dans notre vie. Alors que nous sommes environnés par une nuée de pensées, d'opinions ou de doutes, nous crions parfois notre désespoir d'avoir le sentiment de ne plus pouvoir nous agenouiller devant le trône de la grâce (Hébreux 4:16). En cette période de Noël qui approche, il est bon de prendre exemple sur le passage de Matthieu 2:1 à 12 où nous lisons que des mages cherchèrent où se trouvait le Fils de Dieu.
Nous remarquons d'emblée que leur recherche n'avait pas pour but de demander quelque chose ou de profiter de quoi que ce soit. Non, s'ils prirent tout ce temps pour chercher le roi des Juifs, c'était uniquement pour L'adorer. Bien sûr, la Bible est remplie de passages qui nous encouragent à demander l'aide et le secours de l'Eternel. Néanmoins, nous ne devons pas oublier une part importante de notre sacerdoce qui consiste à exalter le Seigneur dans notre vie: Le peuple que je me suis formé publiera mes louanges (Esaïe 43:21). En s'agenouillant devant Celui qui n'était encore qu'un enfant, et qui ne pouvait donc pas les aider en quoi que ce soit, ces mages montrèrent que leur adoration était inconditionnelle. Parce qu'Il était présent sur notre terre, Jésus suffisait pour être adoré.
Une deuxième chose à observer est la manière dont ils ont trouvé précisément leur chemin. Ils ont eu dans un premier temps une révélation personnelle au travers de Son étoile (Matthieu 2:2). Cette précision est importante. Dans les nuits de notre vie, il arrive parfois que nous soyons tentés de suivre les nombreuses étoiles qui sont proposées à notre regard par celui qui est appelé en Esaïe 14:12 astre brillant dans la version française Louis Segond, mais qui, en hébreu, signifie porteur de lumière. Plus encore, toujours dans ce verset, le diable, car c’est de lui dont il s’agit, est appelé fils de l'aurore. Ce titre lui est attribué pour mieux montrer encore sa stratégie qui consiste à vouloir séduire le plus grand nombre en suscitant l'espoir d'un nouveau jour qui succéderait aux ténèbres que nous traversons. Aussi, soyons vigilants, et demandons à Dieu de nous donner la sagesse de suivre Son étoile.
Le Seigneur nous a d'ailleurs offert un moyen encore plus précis afin de marcher dans Ses sentiers: il s'agit de Sa Parole. En effet, à peine arrivés à Jérusalem, ces mêmes mages se renseignèrent auprès de la population dans le but de connaître le nom de la ville où se trouvait le Sauveur. Et c'est après avoir consulté les principaux sacrificateurs et les scribes du peuple qui citèrent le prophète Michée, qu'Hérode a pu leur donner le nom exact de la ville où notre Sauveur est né, c'est-à-dire Bethléhem.
Ce qui étonne le plus ensuite, c'est la façon dont ils réagirent devant la scène qui s'offrit à eux. Ces mages qui venaient d'une contrée lointaine où leur position sociale était très respectée, qui étaient riches au point de pouvoir faire un voyage coûteux et offrir des présents de grand prix, acceptèrent avec foi et douceur le plan de Dieu pour la venue du Messie. Comme le rappelle merveilleusement Bernard de Clairvaux dans l'une de ses homélies, normalement l’Eternel est dans son saint temple, l’Eternel a son trône dans les cieux; ses yeux regardent, ses paupières sondent les fils de l’homme (Psaumes 11:4). Or, ce petit enfant très recherché, Celui qui devait conduire une multitude vers un jour nouveau, se trouvait être dans une étable, avec des parents modestes et des bergers très souvent rejetés par leur entourage. Où se trouvait le palais? Où se trouvaient les richesses du roi? Où était caché le trône? Où étaient les courtisans?
Très souvent le Seigneur nous conduit, par une révélation intérieure et par Sa Parole, dans des circonstances ou des situations qui ne sont pas agréables à vivre. Nous avons peut-être suivi diligemment Son étoile, mais nous sommes déçus de la destination qui nous a été réservée. Ayons alors le même regard de foi que les mages. Voyons le Sauveur, l'Agneau, au milieu de ces circonstances, car c’est en réalité pour nous un jour nouveau. Selon les apparences, il n'y a que misère, désolation et peut-être solitude, mais la communion que nous pouvons expérimenter avec notre Seigneur dans ces moments-là efface toute désobéissance, rébellion et amertume. De cette façon, nous serons à même d'exercer l’une des plus belle facette de notre sacerdoce: nous nous prosternerons et L'adorerons (Jean 4:23 et 24).