L'oubli du passé
par Michel Texier

Genèse 41:51: Joseph donna au premier-né le nom de Manassé, car, dit-il, Dieu m’a fait oublier toutes mes peines et toute la maison de mon père.

Le processus de transformation, ou de sanctification, passe, pour tout chrétien, par un chemin similaire à celui de Joseph. Et si nous ne sommes pas tous destinés, bien entendu, à subir les mêmes épreuves que ce patriarche, il n'en demeure pas moins vrai que le ministère de Dieu en notre faveur comporte des étapes que nous devons tous franchir.
Il en est une qui est particulièrement vraie, dans son application spirituelle, et qui consiste à oublier toutes (nos) peines. Celles-ci sont parfois synonymes de déceptions concernant un être cher qui nous a fait du tort. Ces déceptions nous empêchent non seulement de profiter du moment présent à cause de l'amertume qui en résulte mais aussi de nous réjouir devant les perspectives offertes par le Seigneur pour tous Ses enfants. Ces mêmes désillusions peuvent ainsi nous amener à refuser les opportunités qui sont devant nous. Si nous ne voulons pas que le passé nous vole la victoire qui nous est gracieusement offerte par Christ, il est important de ne pas regarder en arrière alors que nous avons mis la main à la charrue de notre salut (Luc 9:62).
D'autres peines peuvent aussi correspondre à des regrets, suite à des mauvaises décisions personnelles prises par le passé, que nous en ayons été conscients ou non. L'ignorance ou la désobéissance ont alors entraînés des conséquences plus ou moins graves, plus ou moins douloureuses, et les émotions encore vivantes que ces choix passés suscitent à leur évocation nous font endosser un manteau de culpabilité dont nous avons trop souvent du mal à nous défaire. Là encore, la Parole de Dieu est là pour nous encourager afin que nous puissions aller de l'avant: J’efface tes transgressions comme un nuage, et tes péchés comme une nuée; reviens à moi, car je t’ai racheté (Esaïe 44:22).
Que ce soit les blessures provoquées par les autres ou les conséquences de nos propres péchés, rien ne peut empêcher en vérité, aujourd'hui comme demain, d'expérimenter la victoire de la Croix. Autrement, nous ne ferions qu'ajouter péché sur péché, à cause d'une incrédulité qui s'appuierai sur l'expérience passée. Pour cette raison, il est vital de faire nôtre cette maxime de l'apôtre Paul alors qu'il décrivait la course dans laquelle il était engagée: Frères, je ne pense pas l’avoir saisi; mais je fais une chose: oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant… (Philippiens 3:13).
Mais ce verset du chapitre quarante-et-un de la Genèse va encore plus loin dans le processus de mortification de la chair et nous renvoit à la vérité contenue en Galates 2:20: J’ai été crucifié avec Christ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. En effet, non seulement Joseph proclame que Dieu lui a fait oublier toutes (ses) peines, mais il rajoute aussi …et toute la maison de mon père. Ceci nous parle de notre mort à notre famille naturelle et que l'on pourrait "la famille adamique". Non seulement Dieu a effacé nos transgressions, mais Il a également condamner et jugé toute la lignée maudite à cause de la chute. Si nous avons une joie et une espérance infinies aujourd'hui, c'est parce que nous sommes désormais issus d'une autres famille, à savoir la famille de Dieu: Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ (1 Corinthiens 15:22). Par le Saint-Esprit, il nous est possible de vivre de façon certaine, comme est certaine la résurrection de Christ, un nouveau départ: Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles (2 Corinthiens 5:17).
Comme Joseph, croyons à l'oubli de nos péchés, à l'oubli des déceptions passées et à l'oubli de la maison de notre père. C'est ainsi que les peines accumulées dans le coeur s'estompent. Et c'est ainsi que Joseph a continué de bénir les autres en continuant de servir, d'interpréter les rêves et de nourrir ceux qui l'avaient trahi. Croyons aux opportunités qui nous sont offertes pour que nous puissions, comme lui, offrir la grâce et la miséricorde à ceux qui ne le méritent pas. Et ce que nous lisons en Genèse 45:5 pourra être expérimenté dans notre vie, car le caractère de Christ formé en nous aura la liberté de s'exprimer: Maintenant, ne vous affligez pas, et ne soyez pas fâchés de m’avoir vendu pour être conduit ici, car c’est pour vous sauver la vie que Dieu m’a envoyé devant vous.