L'or de notre porte
par Michel Texier

2 Rois 18:14 et 15: Ezéchias donna tout l’argent qui se trouvait dans la maison de l’Eternel et dans les trésors de la maison du roi. Ce fut alors qu’Ezéchias, roi de Juda, enleva, pour les livrer au roi d’Assyrie, les lames d’or dont il avait couvert les portes et les linteaux du temple de l’Eternel.

Une des tentations les plus fortes pour le croyant consiste, avec le temps qui passe, à perdre patience et ainsi à baisser la garde devant les sollicitations que la vie en ce monde impose. Des compromis s'installerons alors facilement dans notre emploi du temps. Ou bien la recherche d'une satisfaction personnelle prendra le dessus sur les besoins de notre entourage, que ce soit notre famille, nos frères et soeurs dans l'assemblée ou les non croyants à qui nous ne partageons plus l'Evangile. D'autres compromis se situeront peut-être au niveau de nos convictions et de la doctrine chrétienne. Alors que nous étions convaincus par la Parole sur de nombreux points, nous commencerons à douter: "Est-ce raisonnable de vivre ainsi ? N'est-ce pas exagéré ? Ne puis-je pas diluer mon message ? Est-ce que Dieu m'aime vraiment ?"

Si nous regardons à l'exemple du roi Ezéchias, nous distinguons dans sa vie trois parties distinctes: la première, où il a fait ce qui est droit aux yeux de l’Eternel, entièrement comme l’avait fait David, son père (2 Rois 18:3); la deuxième, qui nous intéresse plus particulièrement, où il a accepté la compromission; et la troisième où il a demandé à vivre plus longtemps. C'est durant cette dernière période qu'il fit visiter tous ses trésors aux envoyés du roi de Babylone, prélude à un châtiment qui aura lieu lors de la génération suivante.

Dans ce chapitre 18 du deuxième livre des Rois, nous apprenons qu'Ezéchias, face à la menace que constituait l'armée assyrienne, choisit de payer un tribut à son ennemi plutôt que de combattre en s'appuyant sur l'Eternel. Il est vrai que la situation semblait désespérée: le royaume du Nord, avec Samarie pour capitale, venait de tomber et une grande partie des villes de Juda avait été défaite. Devant cette épreuve, Ezéchias refusa le combat et chercha un compromis avec son ennemi. Or ce compromis eut une incidence directe sur le culte de l'Eternel. En effet, parce que ses biens personnels ne suffisaient pas à payer la somme réclamée, il donna aussi tout l’argent qui se trouvait dans la maison de l’Eternel (verset 15). Plus encore, il fit enlever les lames d’or dont il avait couvert les portes et les linteaux du temple de l’Eternel (verset 16).

Certaines situations peuvent être similaires aujourd'hui. Beaucoup de chrétiens sont prêts à donner des richesses, qui ne se trouvent qu'en Dieu, pour ne plus avoir à faire face à certaines situations dans le combat de la foi (1 Timothée 6:12). Lassés par les désirs de la chair, désirs toujours contraires à l'Esprit (Galates 5:17), ils sont prêts à mélanger leur vie spirituelle avec leur vie naturelle. Plus encore, ils acceptent d’abandonner l’or qui se trouve sur la porte de leur cœur. Le caractère de notre Seigneur n’est de la sorte plus manifesté. Le fruit de l’Esprit, constitué d’amour, de joie, de paix, de longanimité, de bienveillance, de bonté, de fidélité, de douceur et de tempérance (selon Galates 5:22 et 23, version Darby), est de plus en plus absent de leurs pensées et de leurs décisions. En lieu et place de l’or, de l’argent et des pierres précieuses, c’est le bois, le foin et la chaume qui prédominent (1 Corinthiens 3:12).

Le problème avec le compromis c'est qu’il ne règle jamais les solutions. Et accepter de diluer la Vérité ne suscite jamais la paix dans le cœur des enfants de Dieu. Voyez en effet ce qui s’est ensuite passé pour Ezéchias et pour le royaume de Juda. A peine le tribut avait-il été offert qu'il en fallait un autre ! Et dès l'instant où Ezéchias refusa d’obtempérer, une puissante armée fut envoyée pour le contraindre à s'exécuter (verset 17).

Vous remarquerez avec moi les questions que pose alors l'envoyé du roi d'Assyrie: Quelle est cette confiance, sur laquelle tu t’appuies ? … En qui donc as-tu placé ta confiance, pour t’être révolté contre moi ? (versets 19 et 20). Comme à chaque fois, l'ennemi de nos âmes met en doute notre confiance en l'Eternel: Dieu a-t-il réellement dit…? (Genèse 3:1), Si tu es…? (Matthieu 4 et Luc 4).

Deux raisons aident à comprendre pourquoi Rabschaké pose ces questions. Tout d'abord, le comportement d'Ezéchias lors de la précédente affaire ne joue pas en faveur de ce dernier. Faire une première fois des compromis engendre souvent de la culpabilité et un sentiment d'hypocrisie qui poussent à faire des choix plus radicaux: soit nous nous repentons, soit nous péchons de plus en plus. La deuxième raison, plus à l'avantage du roi d'Israël, est que l'Assyrien tente de fausser le regard porté sur une excellente décision prise par le passé. Tout comme avec Eve ou avec Jésus, le diable cherche à minimiser à la fois la vérité de la Parole et les pieuses décisions prises par les croyants. Si Ezéchias avait détruit les hauts lieux (verset 22), ce n'était pas dû, comme le prétendait cet Assyrien, à un manque de confiance en Dieu, mais au désir de ne plus faire de compromis avec un syncrétisme qui consistait à adorer l'Eternel sur de hautes collines, là où avaient été préservés des autels consacrés aux idoles. Le monarque avait en réalité désiré l'unité: unité avec Dieu autour du temple et unité du peuple autour de Sa maison.

Une chose est certaine: il nous faut de l'aide pour nous révolter contre le péché et pour ne plus lui payer un tribut. Celui en qui nous plaçons toute notre confiance pour nous révolter contre notre chair, contre le monde ou contre le diable est bien entendu Jésus-Christ! Ne minimisons pas Sa puissance ni Sa volonté de nous aider, même après de nombreuses années de vie chrétienne. Nous voyons, plus loin dans notre texte, que la fidélité et la grâce de Dieu vont s'exercer de manière extraordinaire en faveur de Son peuple: le prophète Esaïe sera envoyé dans un premier temps pour être une source d'encouragement, puis l’ange de l’Eternel va sortir et frapper dans le camp des Assyriens cent quatre-vingt-cinq mille hommes, et Sanchérib, roi d’Assyrie, sera frappé de l'épée par ses propres fils (2 Rois 19:35-37).

A la lumière de ces vérités, choisissons de rester fermes dans nos convictions. Et vivons à la lumière des Ecritures afin de ne pas perdre le plus grand trésor qui nous ait été offert: notre communion avec le Seigneur.