Ne peut rien faire
par Michel Texier

Dès les premiers chapitres de la Genèse, et donc de la Bible, nous voyons la race humaine perdre la confiance en ce que Dieu a dit pour se tourner vers les mensonges du serpent. Ce choix capital dans l'histoire de l'humanité a immédiatement entraîné la désobéissance, la rébellion, le péché et la mort. Nous constatons aussi que la grâce divine ne fut pas longue à se manifester: l'Eternel annonça au serpent qu'un descendant d’Eve remporterait une victoire définitive sur lui (Genèse 3:15), et Il revêtit ensuite l'homme et la femme d'un vêtement de peau, figure de ce vêtement du salut dont nous sommes parés aujourd'hui (Esaïe 61:10).

Au chapitre quatre de ce même livre de la Genèse, nous apprenons que Caïn apporta à Dieu une offrande qui ne put être agréée. Mais, là encore, la grâce de notre Seigneur fut proposée: Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage. Agir bien! Que signifie pour nous, aujourd'hui, cette action que Caïn refusa d'exécuter? Si nous comparons les offrandes apportées par les deux frères, il en est une qui a glorifié l'action du Seigneur dans le précédent chapitre: c'est le sacrifice de sang apporté par Abel. Nous aurions tendance à penser que la désobéissance de Caïn devait immanquablement engendrer des conséquences irrémédiables, irréparables, et ne pouvait que susciter une sentence définitive de la part de notre Créateur. Or il n'en a rien été. Au contraire, le Seigneur offrit la repentance et le pardon à ce fils aîné de la première famille de l'humanité: agir bien devait consister pour lui à reconnaître sa désobéissance, se repentir, accepter le pardon et relever son visage grâce au sacrifice offert avec foi (Genèse 4:7).

Beaucoup de croyants expriment spirituellement un visage abattu car ils refusent de croire que leur vie ne peut être agréée par Dieu que par l'intermédiaire d'un sacrifice. Aussi le péché est-il couché à la porte de leur âme. Selon certains commentateurs, le verbe "coucher" dans ce verset était utilisé aussi pour décrire un animal sacrifié posé à terre. Pour le croyant, cela veut dire qu'il n'y a pas trente-six solutions: soit c'est le sacrifice qui se tient à notre porte, soit c'est le péché. Et ce n'est que par la puissance du sacrifice expiatoire de notre Seigneur que nous pourrons avoir du succès et que nous pourrons dominer sur la chair.

Nous cherchons trop souvent la victoire avec cet adage en tête: "Peut mieux faire". Nous nous évertuons alors à faire tous nos efforts pour redorer une image ternie par les échecs répétés que notre expérience nous révèle. En vérité, il nous faut avoir l’attitude d'Abel: nous présenter à Dieu en présentant l'œuvre de Christ, accompagné de cette nouvelle maxime: "Je ne peux rien faire".