Jacob ! Jacob !
par Michel Texier

Genèse 46:1-4: Israël partit, avec tout ce qui lui appartenait. Il arriva à Beer-Schéba, et il offrit des sacrifices au Dieu de son père Isaac. Dieu parla à Israël dans une vision pendant la nuit, et il dit: Jacob! Jacob! Israël répondit: Me voici! Et Dieu dit: Je suis Dieu, le Dieu de ton père. Ne crains point de descendre en Egypte, car là je te ferai devenir une grande nation. Moi-même je descendrai avec toi en Egypte, et moi-même je t’en ferai remonter; et Joseph te fermera les yeux.

Nous pouvons lire en Genèse 32 que Dieu a changé le nom de Jacob en Israël. Celui qui supplante dans la chair, en se battant contre les autres, allait désormais être connu comme celui en qui Dieu continue d'accomplir Son dessein. Si ce patriarche devait perdre ainsi son premier nom, c'était afin de magnifier la puissance de la grâce divine, cette grâce qui, seule, permet au Seigneur de faire prévaloir Ses droits. Rappelons ici que le nom Israël signifie Dieu prévaut ou encore lutter avec Dieu.

Dans Genèse 46:1 à 4, nous lisons que Dieu demande à Israël de ne pas craindre de se rendre en Egypte. Ce père, qui avait sans doute hâte de retrouver ses enfants qu'il croyait à jamais perdus, savait en même temps que la bénédiction promise par l'Eternel se situait en Canaan et non en terre d'Egypte. Auparavant, il n'aurait sans doute pas hésité mais, l'œuvre divine dans son cœur aidant, il devait se demander s'il n'allait pas faire la même erreur que son grand-père Abraham. Aussi, afin de le rassurer, l'Eternel lui apparaît une fois encore en songe.

Dans ces quatre versets qui nous intéressent ici, nous constatons que l'auteur, Moïse, utilise le nom Israël pour décrire la scène. En revanche, quand il fait parler le Seigneur, c'est le nom Jacob qui est utilisé: Jacob! Jacob! Israël répondit: Me voici! Cette distinction qui est faite ici nous parle de façon merveilleuse de notre salut. En effet, l'auteur, inspiré par le Saint-Esprit, décrit la scène plusieurs siècles après qu'elle n'ait eu lieu. C'est donc une vision de l'œuvre accomplie de Dieu qui nous est offerte. L'auteur ne nomme plus le patriarche sous son nom selon la chair, mais sous celui de l'Esprit. Oui, ce qui restera de ce croyant pour l'éternité, c'est que Dieu a prévalu.

La question que nous pouvons nous poser est celle-ci: pourquoi le Seigneur, qui avait changé son nom de nombreuses années auparavant, continue encore de l'appeler Jacob? La raison est que notre Sauveur parle et agit en faveur de pécheurs sauvés par grâce. Ce père malheureux qui continuait son pèlerinage sur cette terre avait besoin d'entendre de Dieu. Et Celui-ci, dans Sa grande miséricorde, n'a pas hésité à l'appeler par son nom naturel tout en lui faisant d'extraordinaires promesses: Je suis Dieu, le Dieu de ton père. Ne crains point de descendre en Egypte, car là je te ferai devenir une grande nation. Moi-même je descendrai avec toi en Egypte, et moi-même je t’en ferai remonter; et Joseph te fermera les yeux.

De la même façon, le Seigneur nous parle, même si notre sanctification n'est pas encore achevée. Nous ne sommes pas parfaits, mais cela n'empêche pas Jésus-Christ de nous bénir. C'est dans l'éternité à venir que notre sanctification sera complète: Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est (1Jean 3:2). En attendant, là où nous en sommes, l'Esprit nous parle, nous réconforte dans les promesses du Père. Il nous appelle: Jacob! Jacob!