Eloï, Eloï…
par Michel Texier

Le Fils de Dieu a voulu, dès le début de Son ministère, s'identifier à nous. Aussi, durant la période où Jean Batiste prêchait la repentance, le Messie promis à souhaiter pratiquer Lui aussi le baptême d'eau: Jésus lui répondit: Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. Et Jean ne lui résista plus (Matthieu 3:15). Nous savons que cet acte ne signifiait pas que Jésus aie eu besoin d'une quelconque repentance (lire Hébreux 4:15). Non, ce que Jésus cherchait à faire, et ce sera le cas durant toute Sa vie, c'était d'accomplir tout ce qui est juste. Et ce qui était juste à Ses yeux en cet instant, c’était de s’identifier avec tous les pécheurs.

Cette volonté du Seigneur, cette parfaite justice divine, nous est enseignée ailleurs dans toutes les Ecritures. Dans le livre de la Genèse, nous voyons par exemple que Dieu a été satisfait de la création au point de dire au sixième jour, le jour de la création de l'homme, que cela était très bon (Genèse 1:31). Parce qu'Il est infiniment juste et droit, Il est à même de juger de la qualité de ce qu'Il fait: Il est le rocher; ses oeuvres sont parfaites, car toutes ses voies sont justes; c’est un Dieu fidèle et sans iniquité, Il est juste et droit (Deutéronome 32:4).

En Genèse chapitre 3, nous le voyons ensuite prendre position devant les agissements de Satan (le serpent ancien selon Apocalypse 12:9 et Apocalypse 20:3) et d'Adam et Eve. Cette réaction devant le péché a été une juste rémunération devant la rébellion manifestée à l'égard de notre Créateur. Ensuite, tout au long de la Bible, nous lisons, encore et encore, que ce mal a gouverné les agissements de la race humaine toute entière. Cela a d'abord commencé avec la génération antédiluvienne: Caïn, Lemec, les contemporains de Noé, Nemrod, Babel, etc. Puis ce fut au tour de la génération des patriarches juifs de révéler l'injustice qu'entraîne le péché: Sodome et Gomorrhe, Lot, Esaü, les frères de Joseph, etc. Ensuite, durant des siècles encore, ce sont les contemporains de la nation d'Israël, en dedans ou en dehors des frontières du pays, qui se sont vautrés dans l'idolâtrie, les meurtres et toutes sortes d'abominations.

Malgré ce désastre sans cesse répété, et alors qu'Il savait par avance ce qui allait se passer, l'Eternel a dès le début de la chute promis que le Messie de l'humanité allait venir: Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité: celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon (Genèse 3:15). Cette promesse, sans cesse réitérée dans l'Ancien Testament, trouve son accomplissement dans la venue du Messie. Plus précisément, elle se réalise à la croix du Calvaire. Là, d'une façon inimaginable pour la pensée humaine, la justice de Dieu se révèle en Son Fils: La bonté et la fidélité se rencontrent, la justice et la paix s’embrassent; la fidélité germe de la terre, et la justice regarde du haut des cieux. L’Eternel aussi accordera le bonheur, et notre terre donnera ses fruits. La justice marchera devant lui, et imprimera ses pas sur le chemin (Psaumes 85:11-14). Cette justice divine qui réclamait une pénalité pour nos péchés s'est manifestée au travers de la colère du Père à l'endroit de Son Fils. Il s'agit là de bien plus qu'une identification, c’est une substitution.

Pour que nous puissions entrer sur un nouveau sentier, pour espérer avoir une nouvelle destinée et pour jouir d'une relation entièrement renouvelée avec Dieu, non seulement il a fallu que le Seigneur souffre le martyr physique, mais il a fallu aussi que Sa communion avec Son Père soit rompue durant un temps qui a paru une éternité. Pour que des millions d'êtres humains, rachetés par grâce, puissent entendre l'appel qui vient d'en-haut: …Abraham! Abraham! … Jacob ! Jacob ! … Samuel ! Samuel ! … Marthe ! Marthe !  …  Jérusalem! Jérusalem! …  Saul ! Saul !, il a fallu que le Fils accepte de crier dans Son désespoir, le désespoir le plus profond qui aie été donné à un homme de vivre: Eloï, Eloï, lama sabachthani ? ce qui signifie: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Il Lui a fallu accomplir tout ce qui est juste… (Jean:19:30).