« Ce juste » n'a pu être sauvé
par Steve Andrulonis

L’épouse de Ponce Pilate fit un rêve. Il semble qu’elle ait eu une vision puissante et imagée de Jésus. Et ce rêve la frappa à tel point qu’elle ressentit le besoin d’envoyer un message à son mari, le gouverneur romain de la Judée et de Jérusalem. Ce récit, nous pouvons le lire dans le livre de Matthieu, au chapitre 27. Ce que cette femme vit dans son sommeil la convainquit d’avertir Pilate de ne rien avoir à faire avec ce juste (Matthieu 27:19, version Darby). Elle fit entendre au milieu du chaos la « voix douce et subtile » de la vérité.
« Ce Juste » : c’est ce qu’elle vit alors qu’elle se tournait et se retournait dans son lit. Peut-être avait-elle entendu parler de Jésus d’une manière ou d’un autre. Quelles images passèrent-elles devant les yeux de son esprit ? Eut-elle une vision de Celui qui guérissait les malades ? Ou L’entendit-elle prononcer Ses paroles de réconfort et de vie ? En tout cas, sa conscience sensible fut touchée au sein de l’atmosphère pesante du moment.

Coincé dans une situation difficile
Au même moment, Pilate était assis sur son trône de jugement à Gabbatha, une grande cour pavée de marbre où il prononçait les décisions impériales. Sa position lui donnait le droit d’avoir le dernier mot sur tout ce qui se passait sur son territoire.
Cet homme était gouverneur de la région depuis dix ans — une affectation longue au vu des standards romains. Plus encore, selon la plupart des témoignages, ce n’était pas un poste particulièrement prisé. En effet, la population de la région était essentiellement composée de Juifs, lesquels étaient animés de toutes sortes d’opinions et de passions contradictoires. Certains résistaient au joug romain ; d’autres coopéraient avec l’administration ; d’autres encore tentaient de vaquer tranquillement à leurs occupations quotidiennes.
Plusieurs vagues d’émeutes et de violences avaient déjà frappé la région, et Pilate avait l’habitude d’utiliser tous les moyens nécessaires pour maintenir l’ordre. Lui et le Sanhédrin, le conseil des dirigeants juifs, tentaient, tant bien que mal, de cohabiter en dépit de leur mépris réciproque.
Ce juste : les paroles de sa femme firent-elles vibrer la moindre corde de sympathie chez Pilate ? S’en souvint-il alors que Jésus se tenait devant lui, silencieux ? Ce dont nous sommes sûrs, c’est qu’il était rempli d’une grande perplexité devant la précipitation à organiser ce procès et la détermination de ceux qui voulaient faire exécuter cet homme. Il discernait bien que l’envie était la motivation première des sacrificateurs et des dirigeants juifs, parce que les paroles et les actes de Jésus avaient mis à mal leur petit monde organisé et confortable.

La foule règne
La rapidité et la furie des événements en rapport avec ce Jésus de Nazareth stupéfiaient donc Pilate. La foule semblait animée d’une rage aveugle ; leurs cris d’accusations devenaient de plus en plus féroces. Jésus, Lui, gardait le silence, comme un agneau attendant d’être conduit à la boucherie. Pressé de répondre, Il admit finalement devant le gouverneur qu’Il était bien roi, mais pas dans un sens terrestre. Il répondit à Pilate qu’Il régnait sur quiconque écoute la vérité, et que Son autorité venait du Ciel.
Pilate était abasourdi par ce juste. Jamais aucun condamné n’avait dit de pareilles choses. Dans une certaine mesure, ces paroles l’affectèrent de sorte qu’il tenta de conserver la vie à Jésus par plusieurs moyens. Dans un premier temps, il L’envoya à Hérode, un rival dont l’autorité s’exerçait à Nazareth, d’où Jésus était originaire. Mais le plan ne fonctionna pas car, après avoir revêtu Jésus de pourpre et s’être moqués de Lui, Hérode et sa cour Le renvoyèrent devant lui.
Pilate livra alors Jésus pour être fouetté. Les soldats rouèrent de coups le Sauveur avec leurs poings et Lui lacérèrent la peau avec des fouets. Ils crachèrent contre Lui et Lui enfoncèrent une couronne d’épines acérées sur la tête.
Voici l’homme proclama Pilate en poussant Jésus vers la foule, espérant que ce spectacle cruel satisferait leur soif sanguinaire (Jean 19:5). Mais il avait tort : la foule se mit à crier encore plus fort : Crucifie ! crucifie ! (Jean 19:6).

Paroles tragiques, conséquences tragiques
Finalement, les principaux sacrificateurs et les dirigeants hébreux livrèrent l’assaut le plus dévastateur contre le gouverneur. En effet, Jésus disait qu’Il était roi : si Pilate choisissait d’ignorer l’accusation des Juifs, il se posait alors en ennemi de César. Le désir qu’il avait de se démener pour sauver ce juste s’évanouit ainsi avec ces mots.
Jésus fut appelé devant la cour, une fois encore, et Pilate posa cette question : Crucifierai-je votre roi ? Les principaux sacrificateurs répondirent : Nous n'avons de roi que César, mettant le comble à leur désaveu de Jésus. Pilate se lava alors ostensiblement les mains devant la foule et livra ce juste pour être crucifié.
A-t-on jamais entendu paroles plus tragiques ? Pensez à ce qui est arrivé à Jérusalem, à son temple, et au peuple juif après cette sentence ! Le rejet du vrai roi d’Israël était maintenant complet et définitif, et les livres d’histoire nous révèlent ce qui s’en est ensuivi pour le peuple choisi de Dieu.

Révéler le cœur du « Juste »
Qu’est-ce que cela signifie pour nous ? Notre culture s’oppose de plus en plus au message de Jésus et à la vérité contenue dans la Bible. Allons-nous céder, nous aussi, sous le poids de l’opposition ?
Ponce Pilate reçut de sa femme une parole de vérité au sujet de Jésus. Mais cela ne lui suffit pas. Il ne parvint même pas à trouver le courage d’honorer les lois qu’il était censé faire respecter. Pour ce qui nous concerne, restons fidèles à la Parole de Dieu. Honorons Jésus par nos paroles et notre intégrité, Lui qui nous a donné le Saint-Esprit et qui répand Son amour dans nos cœurs.
Les jours à venir réservent sans nul doute des défis pour ceux qui croient au Roi des rois. N’ayons pas peur de Le défendre et de révéler le cœur de « ce Juste ».